La prévention de la radicalisation violente doit s’inscrire dans une stratégie globale de prévention

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Paris, novembre 2014 – De nombreuses  villes européennes sont confrontées à des groupes radicaux qui veulent justifier des actes violents par une idéologie extrémiste. Comme l’a montré la première réunion du nouveau projet du Forum sur la radicalisation « LIAISE », qui a eu lieu les 6 et 7 novembre 2014 à Paris, celle-ci peut prendre différentes formes : groupuscules d’extrême droite, départs pour la Djihad, gangs ultras violents, hooliganisme… Toutes ces formes d’extrémisme représentent un danger potentiel pour la sécurité des citoyens européens.

Renforcer les capacités des villes

L’attentat contre le Musée juif de Bruxelles commis en mai dernier par un ancien djihadiste français qui était revenu de  Syrie et d’Irak en passant par plusieurs pays européens, comme la multiplication d’autres actes violents motivés par une idéologie extrémiste montrent la dangerosité du processus de radicalisation contre lequel les villes luttent en première ligne, mais aussi sa dimension européenne et transfrontalière. Cofinancé par la Commission européenne et les partenaires, le projet LIAISE a aidera les collectivités locales européennes à mettre en place des mesures de prévention de la radicalisation violente, quelles qu’en soient ses formes. Les objectifs du projet sont de permettre  aux autorités locales et régionales européennes d’échanger sur leurs pratiques et inquiétudes, de leur faire connaître l’environnement européen et les activités et outils mis en place par l’Union européenne et les Etats-membres, de fournir aux villes une assistance et l’opportunité d’échanger avec des experts à propos des situations locales et enfin d’apporter aux autorités locales  des formations sur des besoins identifiés.
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Le projet réunit les villes de Malmö (Suède), Reggio Emilia (Italie), L’Hospitalet (Espagne), Vilvoorde, Bruxelles et Liège (Belgique), Augsbourg, Düsseldorf (Allemagne), l’Institute for Strategic Dialogue (ISD, Royaume-Uni) et l’association pour le dialogue interculturel Ufuq (Allemagne) ainsi que – comme partenaires associés – le ministère des Affaires Sociales de Bavière, l’association berlinoise Cultures Interactives et le Forum Belge pour la Prévention et la Sécurité Urbaine (FBPSU).

Comment agir face à des phénomènes variés?

La première réunion des partenaires de LIAISE a révélé une diversité des phénomènes de radicalisation violente rencontrés  et des niveaux d’expérience. Certaines villes ont d’ores et déjà mis en place des partenariats avec des représentants des communautés les plus touchées par le phénomène, dans le but de prévenir de nouveaux départs vers les théâtres de guerre. D’autres ont fait leurs preuves dans le développement de programmes de dé-radicalisation de groupuscules d’extrême droite. Certaines encore ont mis en place des cellules d’écoute et d’aide pour les familles des jeunes chez lesquels ont été détectés des signes de radicalisation et des velléités de départ. D’autres commencent seulement à s’organiser.

L’un des thèmes de travail qui intéresse tout particulièrement les partenaires est d’analyser le processus de la radicalisation violente, c’est-à-dire les facteurs communs aux différents types de radicalisation. Au-delà, les partenaires souhaitent aussi évidemment travailler sur les réponses : que faire pour prévenir et traiter la radicalisation violente.

Les échanges qui ont eu lieu lors de la première réunion de travail ont révélé à quel point la radicalisation est un sujet délicat. Quand la radicalisation est-elle un problème ? Pour les partenaires, il est primordial de préserver la liberté de conscience et d’expression. La ligne rouge que le projet s’est fixé est la violence : il faut prévenir et combattre la radicalisation violente.

Un autre enjeu est le risque de stigmatiser, notamment quand on veut prévenir des formes de radicalisation violente qui se justifient par l’islam. Les partenaires du projet souhaitent que LIAISE soit l’occasion de promouvoir un discours éclairé sur la radicalisation pour contrer des discours réducteurs qui se résument facilement à la stigmatisation de certaines population.

Conscients que la radicalisation n’est pas le seul enjeu actuel de la sécurité urbaine de nos jours, les partenaires du projet estiment que le travail sur la radicalisation qui a cours actuellement à travers  l’Europe devrait aborder davantage cette question sous l’angle de la prévention.